Nous avons décidé de réaliser cette mini-série consacrée au Projet NEOM en raison de l’importance de l’enjeu et de la gravité de la situation.

Nous y aborderons de nombreux sujets, aussi variés les uns que les autres, mais tous nécessaires, afin de prendre conscience de ce qui se prépare avec ce projet et ses différents aspects.

Nous parlerons d’archéologie, d’histoire des Prophètes, de géopolitique, mais aussi d’Intelligence Artificielle, de physique quantique ou encore d’eschatologie.

Cette série est donc là pour nous interroger sur le projet NEOM. Elle apporte certaines pistes de réflexions, mais il ne tient qu’à vous de mener vos propres recherches afin d’approfondir le sujet.

Nous vous invitons à nous envoyer vos commentaires afin d’enrichir notre réflexion.

Vous trouverez ci-dessous la transcription de cet épisode :

Bienvenue dans ce nouvel épisode de notre série consacrée au projet NEOM.

Aujourd’hui, nous allons voir comment l'impérialisme et le wahhabisme préparent le terrain  pour réaliser ce projet par le biais de réformes qui sont opérées au sein même du royaume saoudien.

De plus en plus critiquées par l’opinion publique internationale du fait de leur soutien au terrorisme takfiriste et à son idéologie, le wahhabisme, les autorités saoudiennes,  ont, depuis quelques mois, décidé de changer leur fusil d'épaule en opérant un virage à 180 degrés.

En effet, le royaume saoudien a multiplié les signaux traduisant une volonté de mettre en place un certain nombre de réformes, toutes aussi surprenantes les unes que les autres pour la société saoudienne.

Réformes religieuses

La première de ces réformes, qui constitue une véritable révolution, est la volonté de MBS de rompre avec l’extrémisme religieux inspiré du wahhabisme en vigueur dans le royaume depuis sa création.

En effet, en l’espace de quelques mois, le prince héritier a multiplié les interventions affirmant souhaiter “ revenir à un islam modéré, ouvert sur le monde et l’ensemble des religions ».

En somme, tout l’inverse de ce que propose l’idéologie wahhabite qui irrigue le royaume depuis toujours.

En déclarant vouloir « détruire les idées extrémistes», il propose ainsi un changement radical sur la question de la religion dans le royaume.

On a ainsi assisté à une vague d’arrestations et d’emprisonnements de religieux et de prédicateurs qui n’étaient pourtant pas classés parmi les opposants politiques au pouvoir saoudien.

À travers la marginalisation des religieux les plus conservateurs du royaume, la tonalité des prêches dans les mosquées a pris une tournure beaucoup moins rigoriste qu’auparavant.

L’objectif est en fait de proposer un Islam attractif et séduisant venant remplacer une idéologie wahhabite  en sévère perte de vitesse chez les musulmans.

Ce « nouvel Islam », beaucoup plus libéral, sera adapté au modèle de société prôné par la mondialisation, et bien sûr, compatible avec l'idéologie impérialiste.

L’Islam réformé, prôné par MBS, serait ainsi une alternative à celui proposé par la Résistance islamique qui séduit de plus en plus de croyants à travers la planète.

Deux Islam seront donc proposés aux croyants :

  • l’un, ouvert au Nouvel Ordre Mondial, se voulant progressiste, ayant pour symbole NEOM, et compatible avec toutes les contradictions qu’engendrent les sociétés occidentales et leur matérialisme à outrance qui rabaisse l’Homme au rang d’esclave de ses instincts les plus vils.
  • et l’autre, au contraire hermétique au Nouvel Ordre Mondial, lui faisant face, proposant un Islam authentique, en parfaite harmonie avec les valeurs qu’il prône telles que : la justice, l'amour et la paix.

Un islam militant, anti-impérialiste et prêt à tout donner pour la défense des opprimés.

Un Islam empli de spiritualité, vivifiant l’Homme, pour le libérer et l'élever au rang qui lui est destiné.

C’est en ce sens que le prince héritier entend mener un programme sur quinze ans qui vise à transformer profondément la plupart des aspects de la société saoudienne, dans ce qui semble s'apparenter à une véritable révolution culturelle et religieuse.

Porté par le prince héritier Mohammed Ben Salmane, le plan Vision 2030 s’affiche officiellement comme un programme de modernisation socio-économique afin de réduire la dépendance à la rente pétrolière et de diminuer les dépenses publiques.

En réalité, il est une voie nécessaire en vue de préparer l’opinion publique musulmane à accepter naturellement le projet NEOM.

En ce sens, le prince héritier entend s'appuyer essentiellement sur  la jeunesse et les femmes pour mener à bien sa révolution qui sera principalement basée sur la promotion de la culture et des loisirs.

Le programme prévoit la création de bibliothèques, de musées, de salles de spectacles et de lieux de divertissement.

Le royaume saoudien a ainsi exprimé son intention d'investir 64 milliards de dollars dans la culture et le divertissement au cours des dix prochaines années.

Ces derniers mois, des changements notables ont déjà été constatés dans ce domaine. Tout d’abord, une décision historique a été prise : l’Arabie saoudite, seul  pays au monde qui interdisait aux femmes de conduire, va finalement les autoriser à prendre le volant, selon un décret royal qui doit entrer en vigueur à partir de juin 2018.

La décision de lever cette interdiction survient après que les Saoudiennes ont été autorisées à célébrer la fête nationale dans un stade, une première dans le pays. Hommes et femmes ont dansé dans la rue au rythme de percussions et de musique électronique ; des scènes inédites dans ce pays.

On constate également ces derniers mois la multiplication d'événements pour la jeunesse comme des concerts de musique, des festivals ou autre.

L’Arabie a également levé récemment l’interdiction qui frappait les salles de cinéma, annonçant commencer à accorder des licences et que les premiers cinémas devraient ouvrir leurs portes en mars 2018.

Autre révolution, l’ouverture du royaume au tourisme non-religieux.

Ainsi, le 19 décembre dernier, le prince Sultan ben Salmane ben Abdelaziz, en charge du secteur touristique saoudien, indiquait que l’Arabie saoudite allait délivrer des visas de tourisme dès le premier trimestre de la nouvelle année 2018.

Ryad avait également annoncé le 1er août le lancement d’un projet touristique d’envergure consistant à transformer une cinquantaine d’îles de la mer Rouge en stations balnéaires de luxe, qui devrait générer jusqu’à 35.000 emplois.

Par ailleurs, le projet NEOM comprend également un important volet touristique.

Le royaume se prépare donc, à travers ce plan Vision 2030, à entrer de plain-pied dans une ère nouvelle qui se concrétise pleinement avec le projet NEOM.

Il est également important de savoir que NEOM sera un territoire doté de ses propres règles et non pas régi par les lois en vigueur dans le reste du pays.

Cela entraînera certainement la possibilité de voir se développer dans cette zone tout ce que comportent les sociétés dites modernes occidentales comme divertissements dégradants et normalement prohibés dans toute société musulmane : alcool, jeux de hasards ou encore prostitution.

Nous avons laissé le meilleur pour la fin, avec un événement de poids :

En octobre 2017, le monde entier découvrait le visage de Sophia, le premier robot humanoïde à être reconnu citoyen d’un pays.

Ce pays n’est pas le japon, les USA, ou un autre pays expert dans le domaine de la robotique ou de l’IA, mais il s’agit bien de l’Arabie saoudite !

On ne peut comprendre ce déferlement médiatique à propos de ce robot et faire le lien avec sa nationalité que si l’on rapporte cet événement au projet NEOM, qui d’après ses promoteurs, sera dirigé par une IA et comportera plus de robots que d’habitants.

Ce sera justement le sujet de notre prochaine vidéo sur le thème de L’IA et de l’ordinateur quantique.