En février dernier, Mohammed ben Salmane, dit MBS s’est rendu en Chine afin de rencontrer le président Xi Jinping ainsi que le vice-premier ministre Han Zheng.

La Chine étant le premier marché pour les exportations de pétrole saoudien, cela permet à l’Arabie saoudite et à l’empire du milieu d’entretenir d’excellentes relations.

Riyad et Beijing pourraient intensifier leurs échanges dans le cadre de la BRI « Belt and Road Initiative ».

Le corridor économique Chine-Pakistan

Riyad a montré de l’intérêt pour le corridor économique Chine-Pakistan, et notamment pour le port de Gwadar où l’entreprise Saudi Aramco a prévu d’investir près de 10 milliards de dollars pour la construction d’une immense raffinerie. D’autres entreprises saoudiennes comme le leader des énergies renouvelables « Acwa Power » pourraient s’implanter à Gwadar.

Les investissements saoudiens à Gwadar dans le secteur de l’énergie devraient mettre fin aux coupures de courant dont souffre la région du Baloutchistan. Le développement du CECP devrait, aussi permettre aux entreprises saoudiennes de l’énergie d’avoir un meilleur accès aux provinces occidentales de la Chine et aux marchés d’Asie centrale.

Á l’heure où la BRI est parfois critiquée, les investissements saoudiens à Gwadar témoignent de la confiance de ce pays dans le futur du CECP, ce qui est hautement apprécié par Beijing.

La Vision 2030

Sous le leadership du prince héritier MBS, l’Arabie saoudite a confirmé une nouvelle orientation économique, moins dépendante du pétrole et plus innovante.

L’Arabie saoudite devra affronter, prochainement plusieurs défis, le premier étant celui de l’emploi. Le taux de chômage s’élevait à près de 12,8% au troisième trimestre 2018. Riyad devrait continuer à réduire le recours à la main d’œuvre étrangère et favoriser les emplois locaux.

Un autre défi, celui de faire émerger un secteur industriel dans un pays où le pétrole constitue plus de 80% de ses exportations. Le Royaume d’Arabie saoudite cherche donc à diversifier son économie.

Ces objectifs apparaissent dans la stratégie Vision 2030. Celle-ci est constituée de plusieurs programmes, le premier concernant le développement industriel et la logistique suivant le principe d’Industry 4.0 (similairement adopté par la Chine dans sa stratégie « Made in China 2025 ».

La stratégie Vision 2030 vise, aussi à ouvrir le pays sur le reste du monde, notamment en développant le tourisme. Des nouvelles stations balnéaires devraient voir le jour sur le littoral de la mer Rouge.

La méga-cité de NEOM

Un autre projet majeur de la stratégie 2030 consiste en la création de la nouvelle ville de NEOM, au nord-ouest du pays.

Une fois achevée en 2025, cette ville de près de 26500 km² deviendrait la plus grande ville, entièrement gérée par l’Intelligence Artificielle. L’ensemble des transports y serait autonome et la part belle reviendrait aux énergies renouvelables.

Ce projet a été dévoilé en octobre 2017 et témoigne de l’ambition de MBS à vouloir transformer son pays et diversifier l’économie saoudienne en promouvant de nouvelles activités.

La ville se transformerait en un HUB important pour tout le Moyen-Orient. Un pont devrait être construit entre l’Égypte et NEOM. En mars 2018, l’Égypte et l’Arabie saoudite ont lancé un fond conjoint de 10 milliards de dollars pour financer la région égyptienne qui borde NEOM. Ce projet devrait aussi bénéficier à la Jordanie et, notamment à la zone économique d’Aqaba, proche de la future méga-cité de NEOM.

Á travers sa visite en Chine, MBS cherche à attirer les investisseurs chinois dans son projet de ville innovante, et notamment les leaders chinois des nouvelles technologies. Le projet est estimé à 500 milliards de dollars et ne pourra être réalisé que si la communauté internationale, et notamment la Chine le soutient.

La participation des entreprises chinoises est cruciale pour le développement de NEOM afin que cette nouvelle ville soit, totalement intégrée aux différents flux de marchandises, de capitaux et de personnes. De ce fait, NEOM pourrait faire partie intégrante de la BRI comme le soulignent des experts du FMI.

La nouvelle ville de NEOM pourrait servir de laboratoires aux dernières innovations pour les entreprises de hautes technologiques, notamment les entreprises chinoises.

(Source: https://www.oboreurope.com/fr/neom-et-la-bri/ )

500 milliards de dollars ! Pour un projet aussi colossal, il est capital pour MBS de trouver des investisseurs avec les mêmes ambitions que lui et que NEOM soit, pour eux un emplacement sûr répondant à leurs exigences de multiplier leurs gains de manière exponentielle ! Ce projet NEOM sera évidemment réservé aux riches milliardaires de ce monde désirant vivre des expériences nouvelles voire inédites dans ce paradis virtuel.

NEOM ne serait-il pas un appât du projet diabolique que Satan s'apprête à achever ?!