Après deux jours de suspens entretenu par l’équipe marketing communication du projet Neom, qui avait annoncé l’imminence d’une exceptionnelle nouvelle, la réponse est tombée lundi 10 janvier :

Le Prince héritier saoudien, Mohammed ben Salman, également Président du Conseil d'Administration de NEOM, a annoncé une révolution dans la vie urbaine avec la création de THE LINE.

Je vous présente «THE LINE», une ville pouvant accueillir un million d’habitants, de 170 km de long et qui préservera 95% des zones naturelles», a annoncé le prince héritier dans une déclaration retransmise à la télévision, lors d’une apparition plutôt inhabituelle.

Le projet fait partie de NEOM et du plan Vision 2030 du Royaume, un programme ambitieux conçu pour diversifier l’économie saoudienne.

THE LINE sera l’une des villes de NEOM et générera environ 380 000 opportunités d’emploi et contribuera 39,4 milliards d’euros au PIB du pays d’ici 2030, selon un communiqué.

«Il n’y aura ni voiture, ni route et zéro émission de carbone», a ajouté lors de sa déclaration Mohammed ben Salman, dirigeant de facto de la première économie du monde arabe, régulièrement classée parmi les pays les plus pollueurs au monde.

«Nous devons transformer les villes en villes du futur», a-t-il déclaré, parlant d’une «révolution civilisationnelle». Les détails du projet seront communiqués ultérieurement, a assuré le prince héritier, avant de montrer des images de synthèse de la «ligne» ainsi que des paysages de déserts immaculés et de mers bleues.

La ville piétonne disposera de services tels qu’écoles ou centres de santé, ainsi que d’espaces verts, mais aussi des transports en commun à grande vitesse, avec aucun trajet qui ne devrait durer plus de 20 minutes, selon un communiqué de NEOM. Elle reposera également sur les technologies de l’intelligence artificielle (IA) et des «équipements à faible impact carbone, alimentés par une énergie 100% renouvelable”.

La construction de «THE LINE» débutera au premier trimestre 2021 et sera financée par le Fonds d’Investissement Public (PIF) saoudien, principal instrument de la politique de diversification de l’économie du pays.

« C'est donc bien un futur paradisiaque, que nous promet Mohammed Ben Salman », s'enflamme « The Saudi Gazette », s’extasiant sur cette ville linéaire où l'on aurait résolu le principal défi de notre temps : celui du vivre ensemble, entre les humains d'abord, et puis entre les humains et la nature.

Mais face à cet enthousiasme beat de la presse saoudienne se dresse le scepticisme de certains observateurs internationaux qui dénoncent un “rêve d’adolescent” qui ne tiendrait pas compte des moyens technologiques de l’Arabie Saoudite.

Un projet qui s’attire également les railleries teintées d’ironie des défenseurs des droits de l’homme tels Rayhan Uddin du « The Middle East Eye » qui écrit: « le prince est soupçonné de s'être trouvé là une nouvelle lubie à la mesure de son égo surdimensionné, d'avoir eu cette vision après avoir regardé trop de films de science-fiction ou joué à trop de jeux vidéo où l'on incarne un bâtisseur de ville ex nihilo. Et de noter que le grand projet The Line, s'il coche toutes les cases du green-washing à la mode chez les pollueurs, n'aborde à aucun moment d'autres besoins essentiels de l'humain, à savoir le respect de ses droits et libertés fondamentales, de sa dignité d'homme ou de femme, quelles que soient ses opinions politiques ou religieuses. Sur tous ces points, bizarrement, MBS ne dit rien de ses projets et de ses ambitions pour 2030, 2050 ou tout simplement pour demain ».

On remarque également une neutralité étonnante des medias occidentaux qui se contentent uniquement de transmettre l’annonce sans toutefois la commenter, alors que cette déclaration saoudienne s’imbrique pourtant clairement dans un agenda mondialiste que l’on semble vouloir dissimuler au milieu des problématiques alarmistes liées à la crise du Covid ou à un possible effondrement économique planétaire.

Pour preuve, le même jour où était dévoilé le projet THE LINE,  le président Emmanuel Macron présidait le premier « One Planet Summit », rassemblant chefs d’Etat, leaders d’organisations internationales, du secteur économique et d’ONG, pour discuter d'un sujet crucial à l'échelle mondiale : la protection de la nature.

2021 s’ouvre ainsi sous les auspices d’Emmanuel Macron et Mohamed ben Salman, en synchronisation parfaite sur l’enjeu de la biodiversité : l’un alertant sur cette question majeur pour l’Humanité, l’autre offrant la solution, NEOM.

Dans un clin d’œil que seuls les esprits initiés ont perçu, l’un répondait à « the line » par sa « grande muraille verte », un projet consistant à planter en plein désert du Sahara et d'ouest en est une barrière d'arbres et de végétaux de 15 kilomètres de large sur plus de 7 000 kilomètres de long.

Un projet pharaonique datant des années 50 et lancé en 2007, qui, faute de financements et de volonté politique ressemble plutôt à une chimère, contrairement à NEOM dont la concrétisation avance à grands pas et à coup de centaines de milliards.

Voici une vidéo de M. Nadhmi Nasr, PDG de la firme Neom, qui s'est exprimé sur le projet "The Line" qui fut annoncé en grande pompe par MBS le lundi 10 janvier 2021 : Lien de l'article