Nous savions que l’utilisation de l’IA était désormais de mise en politique, particulièrement en matière électorale, notamment en termes de prédiction, mais également de propagande et d’orientation de cibles (cf. l’affaire Cambridge analytica), mais là il s’agit d’un palier supplémentaire qui est franchi.

En effet, selon Michal Kosinski, chercheur en intelligence artificielle basé à Stanford, l’IA pourrait permettre de déterminer notre orientation sexuelle ou nos opinions politiques. Comment ?

Ainsi, des chercheurs pourraient démontrer qu’un visage passé au crible par un appareil doté d’Intelligence Artificielle donnerait des éléments sur nos orientations personnelles.

Le rapport de Michal Kosinski, paru dans la prestigieuse revue « Nature », tend à démontrer qu’un algorithme peut deviner avec une précision de 72 % si une personne est conservatrice ou libérale. Le tout en analysant les traits de son visage.

Cependant d’autres scientifiques pointent la dangerosité de cette étude qui remet au goût du jour une science ancienne : la phrénologie. Cette théorie controversée du XIXème siècle prétendait que l’on pouvait connaître le caractère d’un individu en fonction des bosses de son crâne.

Mais Michal Kosinski est loin d’être le seul scientifique travaillant sur le lien entre l’IA, l’analyse faciale et les opinions ou orientations personnelles. Déjà en 2019, les chercheurs de l’université de Harrisburg affirmaient pouvoir évaluer la dangerosité des pédocriminels uniquement par l’analyse de leur faciès. En Chine, un logiciel de reconnaissance faciale serait utilisé pour identifier les Ouïghours. Dans des lycées américains, des logiciels de télésurveillance sont censés identifier les tricheurs en analysant le comportement des élèves, et notamment les mouvements de leur visage.

Inutile de préciser que ces techniques peuvent également être utilisées à des fins commerciales et publicitaires.

Si actuellement ces prédictions se révèlent exactes à 72%, que se passera-t-il lorsque la précision sera proche de 100% ? Imaginons le pouvoir que cela conférerait aux détenteurs de cette technologie...Le mot démocratie aura-t-il encore un sens ?

Il est nécessaire de ne pas être aveuglé par les prétendus avantages de la reconnaissance faciale et de l’IA, mais bien conscient des dangers et atteintes à la vie privée qu’elle représente.

Est-ce vraiment le monde que nous voulons ?