Le Mont Sinaï ou Djebel Moussa (montagne de Moïse), ou encore Mont Horeb est une montagne culminant à 2285 mètres d’altitude et située au Nord-Est de l’Égypte, au niveau de la pointe de la presqu’île du Sinaï, à 50 kilomètres des côtes de la mer Rouge.

Le Mont tire son nom de Sîn, déesse lunaire vénérée dans la région depuis le IIe millénaire avant J-C. Ce n’est qu’au IVe siècle de notre ère qu’il fut identifié par les chrétiens comme le lieu où Moïse reçut les Dix commandements.

En 337, l’impératrice byzantine Hélène, mère de l’empereur Constantin 1er de Constantinople, fit construire une chapelle à l’endroit où elle pense que se trouve le Buisson ardent. La chapelle était dédiée à la Vierge Marie avant de devenir le monastère Sainte-Catherine d’Alexandrie.

Habité aujourd’hui par 22 moines de l’Église orthodoxe autonome du Mont Sinaï, le monastère tire son nom de la fille du roi de Cilicie, qui se convertit au christianisme après une vision de la Vierge Marie. Lors d’une fête du paganisme, célébrée en présence de l'empereur Maximin, la princesse eut l’audace de se présenter devant lui, de lui montrer la vanité des idoles et la vérité de la religion chrétienne. L’empereur chargea alors cinquante philosophes de la faire renoncer à sa foi. Au lieu de cela, ils furent touchés par ses paroles et se convertirent au christianisme. Sur ordre de l’empereur, ils reçurent le Baptême du sang tandis que Catherine fut emprisonnée, suppliciée puis décapitée. Selon la tradition, son corps fut découvert vers le VIIIème siècle là où il avait été enterré environ cinq cents ans plus tôt, puis des anges le transportèrent sur le Mont Sinaï.

Le choix de situer le Mont Sinaï en Égypte ne fait cependant pas unanimité. Les savants divergent quant à l'itinéraire de l'exode des enfants d'Israël. De plus, les noms des lieux cités dans les Saintes Écritures ne sont identifiés à aucun site actuel de la région.

En effet, on ne trouve, par exemple, nulle trace du pays Madian où Moïse fut accueilli par Shoayb (Jethro) après avoir fui l’Égypte ; nulle trace non plus de l’oasis Elim (avec ses 12 puits) ou du rocher fendu par la main de Dieu, où les enfants d'Israël s'abreuvaient.

Si le Mont Sinaï d’Égypte ne correspond pas au lieu décrit par les récits scripturaires, est-il possible que nous nous soyons fourvoyés sur sa localisation ? Si, comme de nombreux chercheurs l’affirment aujourd'hui, le véritable Mont Sinaï se trouve dans la Péninsule arabique, alors pourquoi est-il encore caché à l’opinion publique ?