Le 5 juin 2017 l'Arabie saoudite, l'Egypte, le Bahreïn ainsi que les Emirats Arabes Unis mettent un terme à leur relation diplomatique et économique avec le Qatar. Cette date marque le début d'un embargo qui engendre la fermeture des frontières terrestres, aériennes et maritimes avec Doha.

L'Arabie aurait été à l'initiative de cette cassure avec Doha qui est un concurrent direct de Riyad pour le leadership du monde arabe sunnite.

Cependant, trois ans après, la situation a pris un autre tournant.

En effet, le conseiller de la Maison Blanche, Jared Kushner gendre du président Donald Trump a conduit à bien son projet de régler la crise du golfe, avant le départ du président US à la fin du mois de janvier.

Alors pourquoi cette implication de dernière minute des Etats-Unis dans la réconciliation de la crise du Golfe ? Quels sont les intérêts communs du Qatar et de l'Arabie Saoudite ? Telles sont les questions auxquelles nous essayons de répondre.

Au mois de décembre, Jared Kushner s'est rendu à NEOM, lieu qui devient désormais une plaque tournante des relations régionales, dans l'objectif de trouver une solution à la crise du Golfe. Dans la même semaine il s'est également déplacé au Qatar pour rencontrer le souverain Tamim bin Hamad Al Thani. Cet entretien avait pour but de mettre fin au désaccord enraciné depuis 3 ans entre Doha et Riyad.

Le secrétaire d'État américain Mike Pompeo s'est préparé à ce sujet depuis le Bahreïn, lors d'une conférence sur la sécurité globale de la région. Il a déclaré "il est temps que ce conflit soit résolu", de plus les États-Unis ainsi que le Koweït se sont positionnées comme des médiateurs visant à une réconciliation entre Israël et les pays arabes, projet qui connaît déjà des avancées depuis Tel Aviv a normalisé ses relations avec les Émirats Arabes et Bahreïn, mais aussi le Maroc, en plus de l'établissement de liens diplomatiques avec l'Arabie Arabie, jadis impensable, n'est plus exclu dans l'année qui vient.

L'évolution des relations entre ces deux puissances est apparue au grand jour le 5 janvier au sommet du Conseil de coopération du golf organisé à Riyad. Le premier ministre qatari, Abdallah Ben Khalifa Al Thani, y a été accueilli chaleureusement par le souverain saoudien en personne, le roi Salman. Et c'est dans cette même entrevue, que les dirigeants des pays du Golfe ont signé un accord de solidarité et de stabilité. Rappelons que le Conseil de Coopération du Golfe, est une organisation régionale regroupant six monarchies arabes et musulmanes du Golfe Persique : l'Arabie Saoudite, Oman, le Koweït, Bahreïn, les Émirats Arabes Unis et le Qatar. Ces 6 pays sont des puissances économiques et technologiques en développement constant, en tête de peloton nous retrouvons Riyad et Doha.

En outre, le prince Qatari Fayçal en Fahrane Al-Saoud, a annoncé à la presse "Il a été décidé aujourd'hui, grâce à la sagesse de dirigeants du Golfe et de l'Égypte, de tourner la page et de rétablir toutes les relations diplomatiques "suite à cette déclaration Riyad et 3 autres pays arabes ont rétabli leurs relations diplomatiques avec le Qatar.

Par ailleurs, lundi 4 janvier le ministre des affaires étrangères du Koweït, le cheikh Ahmed Nasser Al-Sabah, a annoncé «la réouverture de l'espace aérien ainsi que des frontières terrestres et maritimes entre l'Arabie saoudite et le Qatar».

Ainsi le rétablissement des relations entre ces pays est une opportunité d'asseoir leur influence dans la Région et de mener un projet commun.

Même si l'une des raisons de cette réconciliation semble être la volonté de consolider un front anti-iranien, l'encombrant voisin, on peut aussi se demander si toutes ces manœuvres afin de sécuriser la région ne sont pas liées à autre chose : l'avènement du projet NEOM.

En effet, pour mener à bien ce dessein, il est nécessaire que la zone soit pacifiée et dénuée de toute tension diplomatique.

Pour ce faire, l'alliance Riyad-Doha, ces deux poids-lourds économiques régionaux, est capitale.