Cette année, la crise sanitaire mondiale n’aura pas été la seule cause de turbulences dans le monde de l’esport, sport électronique devenu un divertissement qui séduit de plus en plus de personnes à travers le monde.

Un autre fait marquant dans ce monde du sport virtuel, au sein duquel les meilleures équipes du monde entier s’affrontent sur leur jeu de prédilection, a défrayé les chroniques du Gaming durant l’été.

En effet, plusieurs équipes, d’envergure internationale, ont mis fin à leur partenariat avec leur nouveau sponsor : NEOM, suite à la réaction que l'annonce de cette coopération avait provoquée sur les réseaux sociaux. Il s’agit du LEC, de BLAST, de RIOT GAMES et d’ASTRALIS, qui a déclaré, par l'intermédiaire de son PDG Anders Hørsholt, que ce partenariat était tout simplement inacceptable.

Selon un article paru le 30/07/2020 sur le site l’Equipe, Alberto Guerrero, directeur de la section esport pour Riot Games Europe, a annoncé que la ligue européenne mettait fin dès à présent au partenariat, en déclarant par la même occasion qu'une erreur avait été commise et que cela ne se reproduirait plus :

« En tant qu'entreprise et en tant que ligue, nous savons qu'il est important de reconnaître quand nous faisons des erreurs et de travailler rapidement pour les corriger. Après une réflexion plus approfondie, alors que nous restons fermement engagés envers tous nos joueurs et fans du monde entier, y compris ceux vivant en Arabie saoudite et au Moyen-Orient, le LEC a mis fin à son partenariat avec NEOM, avec effet immédiat. Dans le but d'élargir notre écosystème esportif, nous sommes allés trop vite pour cimenter ce partenariat et avons provoqué des divisions dans cette même communauté que nous cherchons à développer. Bien que nous soyons passés à côté de nos propres attentes dans ce cas de figure, nous nous engageons à réexaminer nos structures internes pour nous assurer que cela ne se reproduise plus. »

Depuis l’annonce du sponsoring, le studio de League of Legends était sous un flot constant de critiques, de la part de nombreux joueurs et personnalités diverses rappelant le sombre historique de l’Arabie saoudite concernant les abus répétés aux droits humains en général et à NEOM en particulier.

Car ce projet de ville futuriste est très critiqué au niveau international (derrière NEOM se trouve Mohammed Ben Salmane, prince héritier et vice-premier ministre d'Arabie saoudite), notamment pour des histoires de menaces, d'expulsions forcées, d'assassinats, de désastre écologique et de violation des droits de l'homme. The Guardian, dans un article publié au mois de mai dernier, a rapporté qu'au moins 20 000 membres de la tribu Huwaitat risquent désormais d'être expulsés en raison du projet, sans aucune information sur l'endroit où ils vivront après. L’expulsion, qui a déjà commencé, s'est faite au prix de nombreuses arrestations et a également fait couler beaucoup de sang.

Il faut donc croire que l’argent du sponsor NEOM n’a pas fait le poids face aux critiques et protestations des gamers du monde entier !