L’étymologie est la science de l’histoire des mots. Elle nous permet de plonger dans leurs origines à travers le temps, d’en découvrir le sens, les particularités et les ressemblances avec d’autres.

Compte tenu de la place et des enjeux que prendra "Neom" dans les années à venir, il est essentiel de comprendre ce que signifie ce terme, la portée du choix de ce nom et à quoi il renvoie.

Neom, un nouveau futur :

Il va s'en dire que le nom qui a été donné à cette future mégalopole high-tech, initiée par Mohamed Ben Salmane et la nébuleuse mondialiste, n'est pas le fait du hasard. Il est communément admis et repris médiatiquement que le choix du mot "Neom" est un meltingpot linguistique greco-arabe, qui décortiqué signifie "neo" pour "nouveau", "m" pour "mostaqbal" qui signifie "futur".

Un "nouveau futur" est donc à entrevoir avec Neom, un futur mêlant le progrès technologique, les exigences écologiques, le tout, concordant avec la vision prétendument messianique du Nouvel Ordre Mondial. Cette ville gouvernée par l'Intelligence Artificielle, sera le symbole d'un paradis terrestre totalement matérialiste, qui viendrait simuler le jardin d'Eden, paradis terrestre de la révélation qui, selon Yahia Gouasmi, chercheur dans la science du Livre, se trouverait dans l'enceinte sacrée du Mont Sinaï à Djebel Lawz.

Neom, une "humanité sans âme" :

La signification du mot "Neom" en roumain est moins reluisante et plus en phase avec la nature même de ce projet dont l'objectif affiché est d'accueillir plus de robots que d'hommes  : "Ne-om", signifierait "sans-humanité", "monstre", "mal".

Cela rejoint l'idée mise en avant par Seyyed Yahia Gouasmi, qui, à la lumière des versets coraniques, a présenté Neom comme étant le socle de l'Intelligence Artificielle (Dajjal/Antechrist), le trône d'un "corps sans âme" qui est signifié par le terme "Jassad" en arabe dans le Saint Coran, notamment, à travers la vision du prophète Salomon, qui selon Yahia Gouasmi, semble concorder avec la vision de Neom : Et Nous avions certes éprouvé Salomon en plaçant sur son siège un corps (Jassad). Ensuite, il se repentit" (Sad 38:34)"

Seyed Yahia Gouasmi a également démontré la forte correspondance qui est faite entre l'intelligence artificielle et le Veau d'or. En effet, Dieu désigne aussi le Veau d'or par le terme "Jassad", "corps sans âme" dans le Saint Coran : "Et le peuple de Moïse adopta après lui un veau (Jassad), fait de leurs parures : un corps qui semblait mugir. (...) (sourate 7, verset 148).

"Puis il en a fait sortir pour eux un veau (Jassad), un corps à mugissement. Et ils ont dit: «C'est votre divinité et la divinité de Moïse; il a donc oublié»!" (Sourate 20, verset 88)

"Neom" a traversé l'histoire :

Si on observe la trajectoire historique de ce mot, on peut constater que "Neom" est le mot racine d'un terme chargé d'histoires, la "Neomenie", qui se rattache, entre autres, à l'histoire des enfants d'Israël et du Veau d'or.

La Neoménie est le jour de la nouvelle lune et premier jour du mois dans certains calendriers. C'est un jour de fête qui a été célébré en tous temps et dans toutes les nations du monde : dans l'antiquité en Égypte, en Grèce, à Rome, mais aussi en Judée.

Si en grande majorité, ces douze Neoménies marquaient la consécration de fêtes païennes et de sacrifices en tout genre, il est intriguant de découvrir que ce jour  est célébré par des prières rituelles dans certaines traditions juives. Appelé en hébreu "Roch Hodech", cette fête mensuelle qui est toujours célébrée aujourd'hui, a une signification particulière pour la femme qui serait dispensée de travailler ce jour. Selon la tradition, ce privilège leur a été accordé, parce qu'elles avaient refusé de se soumettre à leur mari en donnant leurs bijoux pour la confection du Veau d'or au Sinaï  (cf. "Le judaïsme au féminin", de Janine Gdalia, Anne Goldmann, aux Éditions Balland).

Dans la Revue de l'histoire des religions (tome 158, n°1, 1960), le jugement des prophètes (et parmi eux Moïse) sur cette fête de la Neomenie serait plutôt négative. Elle n'aurait jamais trouvé grâce à leurs yeux, notamment en raison de toutes sortes de superstitions païennes et actes d'idolâtrie qui y sont associés.

À noter que l'on retrouve également le mot "Neom" dans l'ouvrage "Le vocabulaire de l'angélologie, d'après les manuscrits hébreux de la bibliothèque nationale" consacrés en grande partie à la Kabbale, (par M. Moïse  Schwab) : "Anam El", est l'anagramme de "Neôm El" « sentence de Dieu ».

Le choix du mot "Neom", pour désigner la cité dans laquelle l'Intelligence Artificielle sera mise à l'honneur, a donc une portée bien plus grande, plus profonde que celle que l'on nous présente et une image moins attrayante. Ce mot, ou "mot racine" qui a traversé le temps renvoie bien, encore une fois, à l'idée traduite par la célèbre déclaration de Seyyed Yahia Gouasmi : "Neom est le commencement de l'histoire de l'Humanité et sa fin".