Entre la crise économique découlant de la chute des prix du brut qui touche le royaume saoudien et la résistance des tribus habitant la région sur laquelle doit s’implanter NEOM, il semblerait que le projet NEOM ait du plomb dans l’aile.

Certains parlent même d’un arrêt temporaire des travaux et d’investisseurs en stand bye, alors que dans le même temps les offres d’emploi abondent concernant le projet.

Alors qu’en est-il vraiment ? Pourquoi ces rumeurs ?

Il semblerait que l'état saoudien souhaite se faire discret concernant NEOM, après avoir lancé en grande pompe le projet en octobre 2017.

Ce silence trouve sa cause dans de multiples raisons :

Une crise économique sans précédent

La crise économique frappe de plein fouet le royaume wahhabite après la chute brutale des prix du pétrole causée par la pandémie de coronavirus.

L'Arabie Saoudite fait face à une chute brutale de ses recettes d'exportation et budgétaires, d’autant plus que le Royaume a également perdu des revenus considérables suite à la suspension des pèlerinages musulmans dans les villes saintes de La Mecque et de Médine, fermées aux visiteurs en raison du virus.

En conséquence, le pays a déjà commencé à prendre des mesures drastiques, comme le triplement de la TVA, la portant de 5% à 15%, et la suppression de l’allocation de la vie chère.

De ce fait, les citoyens saoudiens qui vont certainement voir leur niveau de vie chuter significativement d’ici les prochaines semaines, ne comprendraient pas que le projet NEOM (dont le budget avoisine les 500 milliards de dollars) continue d’engloutir des ressources dont le peuple a besoin.

C’est pour cette raison que parmi les mesures d’économie présentées le 11 mai dernier  par le ministre des Finances, Mohammed Al-Jadaan, en réponse à l’effondrement des cours de l’or noir, figurent le gel ou le report de certains grands projets de développement. Pour le moment, il n’a pas encore été clairement dit que Neom était en stand-by, mais il se murmure que le projet pourrait être contrarié à cause du Covid-19.

L’opposition farouche des habitants de la région de NEOM

Une autre cause, politique celle-ci, pousse les autorités saoudiennes à faire profil bas sur ce projet pharaonique. Il s’agit de la vive opposition des habitants de la région.

En effet, la terre désignée pour la construction de Neom est déjà habitée depuis des siècles par des tribus, notamment celle des Al-Huwaitat dont au moins 20 000 personnes perdront leurs maisons au cours du processus d’expropriation lancé par les autorités saoudiennes.

Le gouvernement saoudien accomplit son transfert forcé de cette tribu et d'autres résidents locaux sous le prétexte de son droit à la propriété par le biais duquel la monarchie revendique une autorité légale sur les terres et indemnise les détenteurs existants. Le tout sous le coup de la menace d'utiliser le pouvoir armé de l'État en cas de non-respect.

Le point culminant de la fronde de la tribu Al-Huwaitat a été la mort de l’un de ses membres, Abdel Rahim Al-Huwayti, assassiné car il refusait de céder ses terres. Un meurtre qui a fait beaucoup de bruit et qui est venu ternir un peu plus l’image du royaume qui se remettait à peine de l’affaire Khashoggi.

Les communicants de NEOM ont certainement oeuvré auprès des autorités du royaume afin de ne plus faire de vagues autour du projet, l’image de ce futur paradis technologique ne pouvant être entachée par cette opposition farouche des habitants de la région.

Une image antechristique

Enfin, la dernière raison qui a entraîné les promoteurs de NEOM à garder le silence sur le projet, voire même à lancer des rumeurs sur son arrêt, réside dans le fait de l’assimilation de NEOM à une ville sataniste qui sera le siège du futur gouvernement mondial et gérée par une Intelligence Artificielle Antichristique.

Une thèse popularisée par l’ex-Centre Zahra France, ce qui lui a valu bien des déboires avec les autorités françaises,  et qui s’est propagée telle une traînée de poudre, grâce aux réseaux sociaux et internet.

Désormais, pour de nombreux croyants de par le monde, juifs, chrétiens et musulmans, NEOM est associée à l'antéchrist/Dajjal, qui ne serait rien d’autre qu’une super-IA à laquelle l'Humanité se soumettra de plein gré, en raison des bienfaits et miracles qu’elle lui proposera.

C’est donc pour l’ensemble de ces raisons qu’il est devenu urgent pour les organisateurs et gestionnaires de NEOM de faire oublier ce projet en gardant le silence dessus ou en feignant de l'arrêter.

Or, étant donnés les enjeux économiques colossaux, les nombreux investisseurs, et l’avancement des travaux, il est impossible que ce projet cesse ses activités.

Sans oublier que les véritables promoteurs et initiateurs de NEOM n’ont rien de saoudiens, comme le prouve le fait que le premier président du projet n'était autre que Klaus Kleinfeld, également membre du comité directeur du groupe Bilderberg.

Ce projet mondialiste est donc programmé pour aller à son terme, en 2025 au plus tard, même si pour le moment il est inutile selon ceux qui le gèrent, de le mettre sous les projecteurs, contrairement à ce qui avait été fait au moment de son lancement et durant les premiers mois de son existence.

Un retournement de stratégie de communication qui prouve que tout le monde n’est pas enchanté, loin de là, par ce supposé projet paradisiaque.